Pâques autour du monde

Pâques autour du monde

Avril est là et avec lui le printemps et sa célèbre fête pascale. Pâques est non seulement une fête religieuse, sûrement une des plus anciennes, mais c’est aussi une fête populaire, célébrée dans de nombreux pays, depuis des millénaires, au travers de coutumes très différentes !

Revenons sur ses origines, ses symboles et quelques unes de ses traditions les plus originales, de par le monde !

Pâques : un mélange d’antiquité et de religion

Marquant l’arrivée du printemps et le renouveau de l’année, les célébrations pascales mêlent des symboles spirituels, juifs, chrétiens et païens. Pâques, pour la religion juive, est assimilée à la fête de la Pessa’h, qui commémore l’exode des Hébreux hors d’Egypte, alors que pour les catholiques c’est la résurrection de Jésus après sa crucifixion. Mais comme bien souvent, cette fête et ses symboles ont des racines païennes remontant à l’Antiquité.

Dans l’Antiquité et la tradition païenne, on célébrait chaque année l’équinoxe du printemps et le retour aux beaux jours en rendant hommage à une déesse de la fertilité : Ishtar en Babylonie, Astarté chez les Phéniciens, Eostre ou Ostara pour les Anglo-Saxons…

Sculpture de la déesse Ishtar

En s’implantant, les religions monothéistes ont conservé, en leur attribuant de nouveaux symboles, ces pratiques ancestrales. Ainsi, les différentes légendes entourant cet évènement, le lapin de Pâques, les chasses aux œufs, etc., sont des traditions qui étaient à la base païenne.

En France

En France, la tradition la plus répandue est celle de la fameuse chasse aux œufs.

Dans les jardins, les enfants trouvent au matin des œufs en chocolat ou en sucre, ainsi que d’autres friandises en forme de cloches, poules, lapins, agneaux, poissons… déposés mystérieusement dans la nuit. Après cette quête, toute la famille se réunit autour du repas dominical composé généralement d’un gigot d’agneau, l’agneau Pascal.

L’agneau Pascal

Pièce maîtresse du repas pascal, l’agneau est le plus ancien de tous les symboles de ces célébrations. Jusqu’au XVIème siècle, on apportait dans les églises des agneaux rôtis que le prêtre bénissait et servait en plat de résistance le jour de Pâques. C’est également celui qui est le plus partagé :

  • Chez les musulmans, on le retrouve dans les célébrations de l’Aïd-el-Kebir, qui se déroulent une quarantaine de jours après la fin du Ramadan.
  • Chez les hébreux, il symbolise l’agneau sacrifié juste avant le passage de la Mer Rouge par les familles fuyant l’Egypte sous la direction de Moïse. Durant la Pâque juive on le commémore toujours lors du grand repas (le Seder).
  • Dans la religion chrétienne, il symbolise les vertus d’innocence, de douceur, de bonté et de soumission à la volonté de Dieu, il commémore la résurrection de Jésus Christ.

L’agneau se détourne également en version sucrée. En Alsace, on confectionne à Pâques un gâteau en forme d’agneau pascal, le lamala ou osterlämmele. Celui-ci est symbole de pureté et d’innocence, et est censé porter chance à ceux qui le mangent.

L’œuf

En chocolat, en sucre, peint ou encore cuit : l’œuf est le symbole de la fête de Pâques. Dans toutes civilisations et depuis des millénaires l’œuf est le symbole de la vie et de la renaissance. C’est donc tout naturellement qu’il est devenu un emblème pascal.

Les premières coutumes datent d’il y a 5000 ans, lorsque les Perses et les Egyptiens s’offraient des œufs de poule décorés pour se porter bonheur et fêter l’éclosion du printemps. Ces derniers avaient des codes particuliers, un soleil peint pour la richesse, un cerf pour la santé, un coq ou une poule pour le bonheur, une fleur pour l’amour. Chez les Gaulois, les druides teignaient en rouge les œufs de poule pour célébrer le retour du soleil et lui rendre hommage. Les Romains s’offraient ou cassaient des œufs colorés par des décoctions de racines pour purifier l’atmosphère, ou les offraient à Cérès, déesse de l’agriculture.

Plus tard, au Moyen-Âge, alors qu’il était interdit de manger des œufs pendant le carême, la production des poules était conservée, elle était ensuite décorée et offerte en cadeau afin de marquer la fin du jeûne. A partir du XIIème siècle, la coutume d’offrir des œufs, notamment des œufs peints en rouge en souvenir du sang du Christ, se répandit en Occident.

A la Renaissance, les œufs de poule furent remplacés chez les nobles par des œufs en or richement décorés tels les œufs de Fabergé, qui connurent leur apogée à la fin du XIXème siècle.

Quant au chocolat, la friandise par excellence, il apparut à la cour du roi Louis XIV, au XVIIème siècle. Met de luxe, on imagina au XVIIIème siècle de vider des œufs de poule pour les remplir de chocolat soulignant ainsi un peu plus le côté festif. C’est au XIXème siècle, dès 1830, que des moules en fer furent créés, les œufs devinrent alors entièrement en chocolat et prirent différentes formes, ce qui permit également une production de masse. Ces confiseries remplacèrent dès lors les œufs peints ou naturels, échangés ce jour-là.

Les cloches

En France, il était autrefois interdit de sonner les cloches des églises pendant le Carême. Suivant la tradition, les cloches cessent donc toujours de sonner du jeudi au samedi de la Semaine Sainte, en signe de deuil. Elles re-carillonnent ensuite à toute volée, à l’aube de Pâques, pour annoncer la Résurrection du Christ et la joie pascale. La légende veut que ces cloches soient parties à Rome se faire bénir et qu’elles reviennent dans la nuit du samedi au dimanche en distribuant sur leur passage des œufs, des poules et des lapins en chocolat aux enfants sages… qui dès le lendemain partent en chasse. Cette croyance daterait de la fin du XIIème siècle, et de l’interdiction émanant de Rome de faire sonner des cloches de métal.

Le lapin ou lièvre de Pâques

Dans certaines régions de France, les histoires et légendes varient et c’est parfois un lapin ou un lièvre qui apporte des œufs aux enfants en les cachant la nuit dans des nids confectionnés. Cette légende, racontée en Alsace dès 1572, serait d’origine païenne et germanique : le lapin étant le symbole de la déesse Ost Ara, symbole de fertilité et donc du printemps alors que pour les Égyptiens, le lièvre était associé au dieu Osiris, chargé de la résurrection des morts.

La poule et autre animal de basse-cour

Il était logique que la poule qui pond l’œuf vienne lui tenir compagnie dans ce contexte pascal. Mais peu à peu et avec l’imagination des pâtissiers, le canard l’a lui aussi rejoint.

La friture de Pâques

Quant au poisson, quoique faisant référence à la pêche miraculeuse contée dans le nouveau testament, il semble que ce soit les chocolatiers qui l’aient adopté, sans doute en référence au premier avril qui est proche des fêtes pascales, pour varier les formes et plaisirs chocolatés.

Des traditions de Pâques étonnantes, dans le monde

Allemagne, entre feu et arbre déguisé

En Allemagne, Pâques (Oster) est célébré à peu près comme en France. Cependant, il est aussi coutumier de réunir parents et enfants autour d’un grand feu, l’Osterfeuer, à la tombée de la nuit. Symbole du soleil, il célèbre le printemps et la fin du mauvais temps. Pour ces célébrations, les rues et les jardins allemands sont envahis d’Osterbaum, des arbres sans feuille décorés de coquilles d’œufs colorées. Les enfants fabriquent également des petits nids de paille et les cachent dans la maison et dans le jardin en espérant que le lapin ou le lièvre de Pâques viendra le remplir d’œufs pendant la nuit. Selon les régions, le lapin est parfois remplacé par une poule, un coq ou même un renard.

En Pologne, le lundi mouillé et en Hongrie, l’Aspersion

En Pologne, l’eau est liée à la tradition pascale, Pâques est synonyme de Smyngus-Dyngus (lundi mouillé). Pendant toute la journée on jette de l’eau sur les personnes que l’on croise, pour purifier leurs pêchers. Autrefois, la tradition était légèrement différente,  les hommes polonais arrosaient uniquement les femmes célibataires qui leur plaisaient, ces dernières les remerciaient en leur offrant des œufs décorés de fil de laine.

En Hongrie, les jeunes filles sont arrosées par les jeunes garçons, tous vêtus de leurs costumes traditionnels à l’aide de seaux d’eau parfumée, dans le but de garantir leur fertilité. Cette tradition appelée aspersion daterait de bien avant la christianisation.

Dans les pays orthodoxes, Roumanie et Bulgarie, place à la bataille d’œufs 

Dans ces pays, les festivités de Pâques sont les plus importantes célébrations de l’année, et  tournent surtout autour de la décoration des œufs. Leur particularité : un jeu qui consiste à frapper l’œuf de son voisin avec le sien, celui des deux dont l’œuf n’a pas cassé a gagné. Cette tradition remonte au Moyen-âge.

Grèce, entre agneau et pots d’argiles volants

En Grèce, on déguste l’agneau, mais pas seulement en gigot. En entrée, on sert les tripes d’agneau dans une soupe qui contient également le cœur et les poumons de la bête. Puis, chaque personne essaie avec trois doigts de casser l’œuf de son voisin. Sur l’ile de Corfou, le samedi de Pâques, à 11 heures, les habitants jettent des pots en argile depuis leurs balcons. Cette tradition remonte au XVIème siècle, où les gens jetaient leurs vieux objets par la fenêtre pour accueillir la nouvelle année.

Au Luxembourg, c’est la journée du bretzel

Les Luxembourgeois célèbrent Bretzelsonndeg – le dimanche des bretzels – le troisième dimanche du Carême. Ce jour-là, les garçons offrent un bretzel à la fille qui leur plaît. Si la jeune fille accepte la friandise, le garçon sera autorisé à lui rendre visite le dimanche de Pâques et recevra un œuf en retour. Si tout cela se produit lors d’une année bissextile, les rôles sont inversés et c’est au tour des filles de distribuer des bretzels.

La Géorgie fait la part belle aux actes de bravoure

En Géorgie, la tradition, issue d’une superstition païenne, veut que les hommes sautent au-dessus d’un feu pour montrer leur bravoure, les purifier et éloigner les mauvais esprits.

Philippines, procession et crucifixion

S’il est de tradition, partout dans le monde, de participer à des processions qui retracent la Passion du Christ, aux Philippines, cette tradition va plus loin. Ainsi, le vendredi Saint, des hommes vont jusqu’à se faire crucifier et flageller publiquement afin de témoigner de leur dévotion. Les habitants décorent également leur maison avec des statuettes en feuilles de palmier tressées et bénies à l’église, pour protéger leur maison des mauvais esprits.

Angleterre, Finlande, Suède, Danemark, Norvège et Irlande

Dans les pays d’outre-Manche et les pays nordiques, Pâques prend des airs d’Halloween. En effet, les enfants se déguisent en sorcières pour aller chercher des œufs chez les voisins. Cette tradition découle d’une légende disant que sorcières et trolls sortaient pendant la période entre le vendredi saint et le lundi de Pâques.

Dans les Pays anglo-saxons, il y a également la tradition des bonnets de Pâques, une ancienne coutume consistant à fabriquer un chapeau spécial. Autrefois luxueux et porté à la messe, il donne aujourd’hui lieu à différentes parades, comme à New-York et  l’Easter Bonnet Parade.

En Russie

La fête de Pâques est la plus importante du calendrier pour les Russes. Là-bas, on salue chaque personne en échangeant des œufs décorés, accompagnés de trois baisers. Les russes se rendent également sur la tombe de leurs proches pour manger leurs œufs et en laissent quelques uns au cimetière pour apaiser l’esprit des morts.

Les traditions culinaires et symboles à travers le monde

Toutes ces différences s’expriment aussi à l’heure du repas pascal, bien que celui du dimanche tourne généralement autour de l’agneau, chaque pays a ses plats et desserts traditionnels. En Allemagne, on mange le jeudi la Gründonnerstagsuppe aus 9 Kräutern (« soupe aux neufs herbes »), il est aussi de coutume de manger une part d’Osterlamm, de la brioche sucrée en forme d’agneau.  En Italie, la Colomba, en Espagne et au Portugal la Mona, en Russie, la Paskha et le Kulish. Au Nicaragua, il est interdit de manger de la viande rouge le Vendredi Saint. Pour contourner la pratique, la population mange de l’iguane sous forme de hot-dog, accompagné de ses propres œufs.

Et bien que le chocolat soit présent un peu partout, ils existent sous toutes les formes et tous les goûts selon les pays, en particulier en Italie où les enfants se voient offrir des œufs somptueux, remplis de nombreuses surprises, et parfois tellement gros qu’ils sont plus grands que les enfants eux-mêmes.

Enfin, le généreux donateur prend également différentes formes, le lapin de pâques n’est donc pas forcément un lapin pour tout le monde !

Dans de nombreux pays, les œufs de Pâques et les sucreries sont apportés et soigneusement cachés par le lapin ou le lièvre de Pâques comme en Allemagne, Autriche, Suisse, Etats-Unis ou encore Pays-Bas. Mais selon les régions, ce sont parfois les coucous, les poules, les cigognes ou les renards qui prennent le relais. En Australie, où les lapins sont considérés comme un fléau, ce sont les bilbis qui s’occupent d’apporter les cadeaux de Pâques. Et en Norvège et en Suède, les œufs de Pâques sont apportés aux voisins par des poussins de Pâques. Alors qu’en Italie et en Espagne, ce sont tout simplement les parents et les grands-parents.

Pâques est une fête riche de coutumes et de traditions, quelles que soient les nationalités et les  croyances !

Mais c’est aussi une fête synonyme d’activité, notamment pour les chocolatiers qui rivalisent de créativité, car chaque année à Pâques ce sont plus de 15 000 tonnes de chocolat qui sont mangées par les français.

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